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L'amour à tout prix
Pour rompre sa solitude, vaincre sa timidité ou passer un moment, pour trouver l'âme sœur ou un petit câlin. Pourquoi chacun cherche chacune et réciproquement…
« Aller à la foire aux célibataires ? Pourquoi pas ? »
Antoine Hénard, 24 ans, Bourg-en-bresse
Taxi-vélo, célibataire
« J'ai déjà entendu parler de foires aux célibataires, je n'y ai pas encore mis les pieds. Pourquoi pas ? Rien que pour voir… La solitude, ça devient pesant et agaçant.
J'ai déjà rencontré des filles mais ça n'a jamais duré longtemps. J'ai l'impression qu'elles se défilent.
Peut-être que ça vient de moi, de cette timidité à l'intérieur de moi. »
« Oui, mais alors pas toute seule »
Cécile Grivelet, 24 ans, Péronnas
Barmaid, séparée
« Je vis seule avec ma petite fille de trois ans. Ça change tout ! Oui, la solitude me pèse. Il manque les bras d'un père. Je recherche quelqu'un mais pas plus que ça. La foire aux célibataires, j'irais peut-être mais pas toute seule, le fait d'être maman… Les gens sont pris par le temps, timides. Là, ils savent qu'ils peuvent se rencontrer sans peur de se prendre un « râteau ». Au fait, c'est quand ? »
« Je suis pour à 300 %, mais ça fait un peu cher »
Danuta Mazurczak, 24 ans, Bourg
Barmaid, « fiancée »
« Je suis pour à 300 %, la première à dire « allez-y ! » On devient de plus en plus antisociaux. On a besoin d'initiatives comme ça. Moi, j'aime aller vers les gens. J'étais inscrite à Meetic et sur pas mal de sites. Si j'étais célibataire, j'irais sans problème, faire connaissance et qui sait, trouver l'âme sœur. Sauf que 33 euros, ça fait un peu cher pour trouver l'âme sœur ! »
Pour toujours ou pour un jour, ils seront pas loin de 500 (250 X 2) à quêter l'amour aujourd'hui à la 8e foire aux célibataires de Mézériat. Préliminaires dès 14 heures à la salle des fêtes. Chacun, chacune remplit une fiche où il (elle) décrit le sujet de ses désirs. Les cartons sont affichés sur le mur. Chacun, chacune épingle le numéro sur son plastron et guette l'âme sœur, ou la bonne aventure. Qui peut se présenter sous forme de billets doux (à l'ancienne), SMS (moderne), rendez-vous « speed dating » (pressé) ou « slow dating » joue contre joue (câlin).
En théorie, tout est calé pour le repas du soir, le bal et plus si affinités. La rencontre proprement dite se déroule de 14 heures à 21 heures et coûte la bagatelle de 13 euros. 33 avec le dîner (20 heures, sur réservations) et le bal jusqu'au petit matin. Un peu cher pour certain(e)s, mais il est vrai que l'amour n'a pas de prix.
Quant à savoir s'ils se marient et ont beaucoup d'enfants, l'organisateur Pierre Python ne tient pas de statistiques. « On sait à travers les courriers que de nombreux couples se forment sur ces salons. Après, dire combien, ce qu'ils deviennent, qui est blanc, qui est noir, hétéro ou homo… On n'a jamais fait d'études ».
La foire n'a rien de l'agence matrimoniale. « Ce n'est pas le même boulot. On n'est pas habilités à accompagner les personnes. Tout se passe pendant le salon.
Avec les agences, on est plus complémentaires. Plusieurs d'entre elles nous laissent des « flys ».
Pas dit d'ailleurs que les célibataires ont l'intention de se passer la bague au doigt. Certain(e)s souhaitent simplement rompre leur solitude, vaincre leur timidité, assuré(e)s qu'ils sont de ne pas « se prendre un râteau » selon l'expression de Cécile (lire par ailleurs). D'autres se déplacent en bandes, « pour voir », « rencontrer des gens », « passer une bonne soirée », « rigoler un peu ». Et puis viennent les chasseurs, majoritairement mâles, ceux qui courent tous les salons en ne pensant qu'à ça.
Mètre-étalon ? « En général, ceux qui cherchent une aventure sans lendemain s'inscrivent directement au bal. Dans l'Ain, il y a moins de rigolos et plus de couples qui se forment ». S'il fallait un chiffre précis, ce serait celui du dernier salon de Salins qui a réuni 497 célibataires. Si la parité est respectée, il y en a forcément un(e) de déçu(e).
Marc Dazy
> NOTE
Renseignements au 06 23 76 56 28 ou au 06 64 70 28 71.
www.blacanwite.com.
« Je suis un chasseur, un coureur. Comme Marathon man, j'ai plutôt bonne réputation »
Sébastien Piquerey,
42 ans, citoyen du monde
« Je connais très bien les foires aux célibataires, je les fais toutes ! Je suis un chasseur, un coureur. Comme « Marathon man », j'ai plutôt bonne réputation ! Avant, j'étais commercial, dans la compétitivité. J'ai été marié à une très jolie femme, divorcé. À chaque fois, on y laisse une part de soi-même. Un jour, j'ai tout liquidé. Je vis de trois fois rien. Je me partage entre Bourg et le Cameroun. Sans frontières. Je profite de la vie. Dans l'amour, ce qui m'intéresse, c'est le début. La fin est toujours moche. Dans les foires aux célibataires, je suis sûr de trouver des femmes en détresse. Je n'ai jamais de problèmes parce que je les respecte, à partir du moment où je ne mens pas. C'est le mensonge qui tue les couples. »
« Je l'ai rencontrée au salon de Crottet l'an dernier. On pense se marier l'année prochaine »
Michel Lebon, 35 ans, Oyonnax
Moquettiste, en couple
« J'ai rencontré Audrey au salon de Crottet l'an dernier. Des salons, j'en ai fait plein, sans chercher vraiment. Comme je suis bénévole dans l'association Black and White, je me suis inscrit. J'ai repéré Audrey un peu au hasard. Ça a tout de suite accroché. Depuis, on vit ensemble. On pense se marier en 2010. »
Humanitaire et rémunérateur
« Association à but humanitaire » précise Pierre Python, son fondateur depuis 1999. « Je viens du Cameroun. Là-bas, si tu es malade et sans argent, tu restes à la porte de l'hôpital. Black and White prend en charge un certain nombre d'assistances médicales ». D'après le bilan 2008, 8 000 euros ont été envoyés du siège social de Lons au relais de Yaoundé. Budget financé en grande partie par les célibataires. « On trouvait l'idée amusante. Quand on a organisé le premier salon, on s'est rendu compte de la demande. Trouver l'amour, c'est un peu humanitaire, non ? » Rémunérateur aussi. Avec sept permanents et une trentaine de bénévoles, Black and White organise trois foires par an : Salins-les-Bains (39) le 25 avril, Mézériat le 27 juin, Nuits-Saint-Georges (21) le 26 septembre. Dans l'Ain, l'événement se déroulait traditionnellement à Crottet, avant que la salle ne brûle d'un incendie moins romantique que les feux de l'amour
Arc-et-Senans accueillait hier la « 10e foire nationale du célibataire ». Première approche timide à la salle des fêtes.
« Y'a pas beaucoup de filles, c'est de la pub mensongère ! ». Hé, ho, doucement, on se calme. À 15 h, hier, c'était déjà la queue devant la salle des fêtes d'Arc-et-Senans. « 10e Foire nationale du célibataire », le titre laisse un peu perplexe. Vous venez de loin messieurs ? « De Lons-le-Saunier ». Ah quand même. « J'en vois pas, des filles, on ne va pas payer ». Mais si, 13 euros pour les femmes, 16 pour les hommes. « Ils n'ont peut-être pas fait assez de démarchage, ou les filles ont peur de venir, elles préfèrent pleurer dans leur coin. » Doucement, la salle se remplit. Des hommes mâchent des chewing-gums, style à l'aise Blaise. « Y a un problème avec les toilettes, c'est marqué femmes sur les deux ». Pierre Python, l'organisateur, file régler le problème : « Les hommes, c'est par là, non pardon par là, les hommes doivent sortir ». Chaque participant s'inscrit et reçoit un numéro qu'il accroche sur lui. Le téléphone de Pierre Python ne cesse de sonner : « Oui Madame, si vous venez, vous pourrez danser ». L'après-midi commence tranquillement. On s'observe du coin de l'œil, autour de grandes tablées. Des assiettes en plastique blanc sont remplies de cacahuètes. Sourires discrets. Des conversations commencent à se nouer.
Les chasseurs et les timides
Plus tard, des animations seront organisées, avant le repas, et la soirée dansante. M6 est là avec sa caméra mais tout le monde ne souhaite pas forcément apparaître à l'image. Les gaillards à l'entrée ne veulent pas dire leur nom. « C'est top secret, on a des jobs, attention ! ». Ah bon, riches avec cela, intéressant. « Mesdames, vous avez des messages dans la boîte, les numéros 7912, 7904, 7851, 7810, 7852... Allez, venez fouiller mesdames ». On dirait que les numéros hésitent un peu à se déplacer. Les animations évoluent-elles au fil du temps ? « Oui, on essaie de s'améliorer, c'est le bouche à oreille qui fonctionne, des gens qui se sont rencontrés recommandent à leurs amis de venir. A Mezeriat, dans l'Ain, en 2009, il y avait plus de 700 personnes ». On raconte que certains sont tellement satisfaits qu'ils reviennent chaque année. « Ce sont les chasseurs mais il y a aussi les timides. On contacte les gens par internet, par SMS, une dame m'a répondu : merci, mais j'ai trouvé le bonheur le 27 juin dernier ». Beaucoup espèrent l'approcher en ce 1er mai. Un groupe de copines se retrouve à l'entrée. Eh, les gars, v'là des filles ! Les lascars dûment numérotés sont déjà entrés. « Les oiseaux se sont mis à chanter » Claude et Charlise Martin sont un peu les mascottes de la foire du célibataire. « On s'est rencontrés à la foire de Crottet, dans l'Ain, le 28 juin 2008. C'est mieux que les agences matrimoniales, on fait des rencontres, si ça marche, ça marche, vous ne demandez pas quel âge on a ? ». Vous avez quel âge ? « Lui 57, moi 67 ». Claude Martin a un côté pratique : « On ne paye pas cher et il y a une bonne ambiance ». Sa femme ne tourne pas autour du pot : « C'est clair, les gens viennent avec la même intention. Lui, il a eu le coup de foudre ». Pour elle. « Raconte chéri, ne sois pas timide ». Il se souvient de sa demande en mariage : « C'était dans une forêt domaniale et des oiseaux se sont mis à chanter, je me suis dit, c'est bien, au moins il y en a qui écoutent ».
Michèle YAHYAOUI
Ils étaient près de 500 prétendants en quête de l'âme sœur, ce samedi à Arc-et-Senans pour une dixième édition riche d'espérances
Le dixième salon des célibataires le 1er mai à la salle polyvalente d'Arc-et-Senans a tenu ses promesses en fréquentations. Vers minuit Pierre Python l'organisateur annonçait la présence d'environ 500 personnes.
C'est à 15 heures que la file d'attente commençait vraiment à se faire devant l'entrée de la salle. Certains, (es) attendaient « prudemment « sur le parking pour voir arriver et jauger les autres, avant de se décider à pénétrer dans « l'arène « Les hommes, de la vingtaine à la soixantaine, étaient en grand nombre, des habitués de la « drague « mais aussi des timides venus vraiment pour trouver l'âme sœur. Jean-Marie, la quarantaine, divorcé, est enseignant à Tavaux : « je suis venu à la découverte, pas forcément pour trouver, mais on ne sait jamais ». Robert, la cinquantaine, un gaillard venu de Saône-et-Loire, est un habitué. « J'ai amené un copain pour qu'il voit ce qu'est ce véritable marché « dit-il en montrant les fiches de la gente féminine apposées au mur.
Ces fiches que chacun(e) renseigne à son arrivée sont effectivement un problème. On ne veut y porter que le strict minimum, ne pas se dévoiler.
Beaucoup de réflexions ici et là, certaines censées, d'autres extravagantes, à la limite de la courtoisie.
Les animateurs appellent les participants (es) qui ont reçu un numéro à leur inscription. Ce numéro est apposé sur le vêtement de manière à été bien visible d'autrui. C'est le début du premier entretien qui durera cinq minutes.
Court pour une approche qui peut cependant se poursuivre à l'extérieur.
La caméra de M.6 est à l'affût. Peu de candidats à la vie de couple souhaitent apparaître sur la photo ou le petit écran. « Je ne serai pas dans le journal ? Cela pourrait me gêner dans ma vie et mon travail » dit cette dame.
Vers 23 h 30, à la fin de la finale de la coupe de France de football, beaucoup d'hommes sont à l'extérieur de la salle, tirant sur leur « clope « et maugréant quant au manque de femmes. À l'intérieur, le DJ a lancé la musique, des couples se sont formés.
Pour combien de temps ? Rendez-vous l'année prochaine pour le savoir
Samedi 1er mai, à la salle polyvalente d'Arc-et-Senans, l'association Cœurs liés, en partenariat avec « Black and white » organise la dixième Foire nationale du célibataire. Plus que le terme de foire, applicable aux grands marchés de tous ordres, il serait peut-être plus harmonieux de parler de Salon, où se rencontreront les personnes des deux sexes, de tous âges, que la timidité ou d'autres raisons ont jusque-là empêché de faire le premier pas, celui qui décidera peut-être de leur vie. Le concept paraît intéressant, les résultats des dernières éditions montrent que les gens sont satisfaits de leur journée passée dans la convivialité. L'accueil a lieu à partir de 14 h. Les animateurs se chargent des premiers pas, permettant la découverte des un(e)s et des autres. C'est le temps idéal pour vaincre sa timidité à travers une ambiance musicale choisie et la consultation de fiches individuelles que chacun et chacune aura établi. A 20 h 30, débute le dîner des célibataires, les connaissances, faites l'après-midi, se confirment. D'autres se créent. Enfin à partir de 22 h 30, c'est le bal qui débute. Pour les animations, le bal et la consultation de fiches célibataires, 13 euros sont demandés aux femmes et 16 euros aux hommes. Le repas du soir vient en sus, au prix de 20 euros, mais la salle ne pouvant accueillir que 250 couverts, il est prudent de réserver. Inscriptions : Association Cœurs Liés, Pierre Python, 27 Avenue Henri Grenat 39000 Lons-le-Saunier. Téléphone 06.23.67.56.28. ou 06.64.70.28.71. contact@foire-celibataire.com Cœurs liés et l'Afrique L'Association Cœurs Liés, dont le siège est à Lons-le- Saunier, a pour but de venir en aide aux enfants africains, dans le domaine de la scolarité et de l'alimentation. Elle œuvre également à la recherche de parrains pour les orphelins.
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